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 I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}

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MessageSujet: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Lun 28 Sep - 22:14



Il n’était pas la crème des hommes, il avait au moins le mérite d’être relativement réaliste sur sa condition. Cependant, il veillait à respecter tout un tas de principes qui lui semblaient fondamentaux. A ses yeux, lever la main sur une femme faisait partie des choses qui vous transformaient en couille molle instantanément, parce qu’il fallait être pire qu’un lâche pour imaginer que sa condition d’homme vous donnait l’autorisation d’asservir une femme, surtout par la violence. Il avait beau être macho jusqu’au bout des ongles et trouver normal tout un tas de préceptes instaurés par la patriarchie ancestrale, il y avait des limites. Toutes ces attitudes, ces mots et ces gestes furent appris par mimétisme puis intégrés par la force des choses mais personne ne doutait de la personne qui se cachait sous la surface, même si les poules du club aurait sans doute prétendu le contraire, il ne les épargnait jamais. Aucune femme comme elles ne méritait le respect. Qu’y avait-il d’admirable dans le fait de se donner au premier venu ? D’écarter les cuisses contre un peu de reconnaissance et de tendresse ? Il n’y avait rien de plus pathétique, rien de plus dégueulasse. Elles lui renvoyaient l’image de sa propre mère, celle d’une femme égoïste qui avait choisi son bon plaisir avant le bonheur et le confort de ses propres enfants. Elle n’avait pas hésité à les laisser sur le carreau et à abandonner la gestion de la famille à son fils aîné parce qu’elle jugeait avoir assez donné. Comment pouvait-il avoir confiance en la gente féminine avec un modèle pareil ? Il avait fait en sorte que ses sœurs soient l’extrême opposé de leur mère et il ne s’en était pas trop mal sorti, fier de lui. Qu’elles rentrent dans la norme n’était pas son objectif, il souhaitait simplement leur inculquer l’importance d’assumer ses choix. Jusqu’à présent, elles lui prouvèrent qu’elles avaient parfaitement bien compris la leçon. Il était comme ça, Korben, toujours prêt à tendre la main à qui en avait besoin, toujours prêt à offrir une chance à ceux à qui on refusait ce droit. Si on ne lui avait pas tendu la main, jamais il n’aurait pu faire un pied de nez au destin, jamais. Callie faisait partie de ceux-là. Ancienne toxicomane, elle avait abandonné la seringue depuis deux ans et se battait pour récupérer la garde de sa petite fille. Elle venait de Los Angeles et avait débarqué un beau matin, cherchant du boulot et essayant de trouver une âme charitable pour lui offrir sa chance, le hasard la plaça sur la route d’un Korben bienveillant, depuis un an, elle servait les clients de son restaurant. Ce n’était qu’une gosse, elle avait à peine dépassé la vingtaine et elle lui rappelait souvent la plus jeune de ses sœurs, c’était sans doute pour ça qu’il la raccompagnait chaque soir ou s’arrangeait pour qu’un prospect la dépose chez elle, histoire qu’elle n’ait pas à parcourir les rues de la ville toute seule à une heure tardive.

Tout partit d’une malheureuse main au panier qu’un routier de passage s’était permis. Elle l’avait giflé et en guise de réponse, il lui balança son poing dans la gueule, démolissant la gueule de la pauvre gamine. Il avait beau dépasser le quintal, Korben sauta par-dessus le comptoir et l’envoya à travers l’une des baies vitrées du restaurant. Il n’eut le temps de balancer que quelques coups avant que les sirènes ne retentissent et qu’il l’abandonne là pour aller s’inquiéter de l’état de son employée. Un bon samaritain avait appelé les secours. Le motard attrapa la gamine pour la poser sur une banquette et tenter de voir si ce n’était pas trop grave. Elle était sonnée. Il fit de son mieux pour se montrer doux et rassurant, priant pour que cette déconvenue ne la pousse pas à replonger. Quand il comprit que le shérif ne le lâcherait pas après une simple déclaration, il confia Callie à un prospect et le suivit jusqu’au poste, même si les premiers témoignages pleuvaient déjà et assuraient que le gros porc suant avait lancé les hostilités. Ça faisait pas moins d’une demi-heure qu’il attendait dans cette foutue salle d’interrogatoire, on lui avait assuré qu’il n’était pas en état d’arrestation mais ce n’était pas vraiment l’impression que toute cette merde lui donnait. Les filles allaient le tuer s’il se retrouvait à nouveau en cabane. Il avait pourtant suivi tout un putain de stage sur la gestion de la colère, mais ce n’était que du vent, il ne prenait jamais la peine de compter jusqu’à 10 et quand bien même, il trouvait toujours de bonnes raisons d’attiser son courroux. La porte s’ouvrit enfin et il manqua de s’étouffer avec sa remarque sarcastique à la vue de Reyes. « Manquait plus que ça ! » cracha-t-il en détournant les yeux. Il mit un soin tout particulier à se la fermer et à ne jamais la regarder, la laissant déverser sa logorrhée de flicaille sans réagir. « Tu peux prendre tous tes petits papiers et aller te faire foutre ! T’as qu’à retourner d’où tu viens, tu ne manquais à personne. Maintenant que t’as pu te la jouer super flic, moi, je vais rentrer, j’ai autre chose à branler qu’à écouter une bonne femme qui essaye de jouer à qui a la plus grosse. A moins qu’on m’envoie un vrai flic ! J’ai assez perdu de temps avec ces conneries. » Petit sourire moqueur aux lèvres, il abandonna sa chaise comme s’il était chez lui, se dirigeant vers la porte, essayant de faire le type détaché. Son absence avait été un véritable calvaire à endurer, il n’avait jamais compris pour quelle raison elle l’avait abandonné mais son seul mécanisme de défense, c’était jouer au connard. Elle l’avait précipité au trente-sixième dessous et pour ça, elle méritait de payer. Il se retourna, son sourire mauvais s’épanouissant sur ses lèvres. « Mais si je veux vraiment que tu te tires, je devrais sans doute te baiser là, c’est ça ta configuration favorite pour te barrer comme une voleuse, non ? » Il porta la main à sa ceinture, la défaisant en guise de provocation. « Tu veux faire ça là ? Si c’est juste pour ça que t’es revenue, ça peut s’arranger ! »

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Mar 29 Sep - 13:49


Naira n'a jamais vraiment été une professionnelle du self-control. Ses réactions ont souvent été démesurées et son impulsivité arrive parfois à surpasser sa patience. Plus jeune, elle pouvait s'emporter pour un rien, un geste ou un mot déplacé suffisait à la faire montrer dans les tours en un rien de temps. Certaines personnes le savaient très bien et prenaient un malin plaisir à la foutre en rogne comme si c'était une activité particulièrement stimulante. Il est vrai que ses excès pouvaient facilement amuser les gens qui la connaissaient. Naira tenait ce tempérament de sa mère qui, elle, était tout le temps à la limite de l'explosion. Elle hurlait au lieu de parler et c'était surement pour ça que les deux ne s'entendaient pas vraiment, Naira la défiant à la première opportunité qui se présentait devant elle, rendant sa mère complètement chèvre par la même occasion. Son père, lui, a toujours été d'une sérénité affolante, préférant profiter de son journal, de sa clope et de son café en silence sans prendre part aux conversations animées de sa femme et de sa fille. Le plus sensé de toute la famille sans aucun doute. Reyes avait beau avoir pris de ses deux parents, le mélange était totalement déséquilibré, la balance penchant largement vers la madre. Elle essayait sans cesse d’harmoniser les deux pour être plus posée et de ce fait, ressembler plus à son père, mais ça n'a jamais vraiment marché. A croire que les gens autour d'elle cherchent toujours à la pousser du côté de sa mère. L'armée avait cependant réussi à la calmer. Naira ne pouvait pas foncer tête baissée n'importe où. Si ça avait été le cas, elle aurait été encore plus dangereuse pour ses co-équipiers que leurs ennemis. Elle avait appris la remise en question de soi et aussi à obéir aux ordres, même quand elle était totalement contre ces derniers. Pas moyen de discuter avec ses chefs, sinon il l'aurait envoyé chier et l'aurait laissé sur le bas-côté sans se poser de questions. Reyes avait acquis une certaine manière de réfléchir pour pouvoir prendre des décisions rapides et utiles pour les siens. En réalité, toutes les décisions qu'elle avait pu prendre au sein de l'armée pouvaient être regrettées en l'espace d'une demi-seconde. Exactement comme la décision qui avait entraîné Marcus à crever. Peu importe ce que les autres lui ont dit: elle était responsable de sa mort et il n'y avait pas moyen de lui faire entendre les choses autrement. Reyes n'a jamais été du genre à nier ses responsabilités et reporter la faute sur un autre ne fait pas partie ses manières de penser. Devenir flic était une bonne idée selon elle, elle avait besoin de se sentir utile, après avoir fait une pause pendant un an. Quand elle ne fait rien, Naira pense trop, se laisse aller à ressasser et ça ne l’aide pas à avancer. Au poste, elle fait de son mieux pour garder son calme, même quand les personnes qu’elle arrête tente de la gonfler ou qu’un de ses collègue se décide à dire de conneries qui lui font mal aux oreilles. En général, Reyes se contente de leur lancer un regard qui en dit assez long et qui prévient que si ça continue, elle risque d’en foutre plein la face à la personne en face d’elle. Le problème, c’est que des gens ne comprennent que dalle ou ne veulent pas comprendre, mais le résultat est le même, Naira finit parfois par s’énerver, même si elle n’en avait pas envie au départ.

Quand on lui annonce qu’un des Sons est en salle d’interrogatoire et qu’elle est chargée d’aller lui parler, ça ne l’étonne pas vraiment. Après tout, les trois quarts des flics du coin sont corrompues et Naira ne fait pas partie de ce lot. Surement pour ça que le sheriff tente toujours de la mettre sur le dos des Sons. Question de logique et d’efficacité, bien que le sheriff soit probablement aussi pourri que les autres. « C’est qui ? » Demande-t-elle, parce qu’elle ne compte pas entrer sans savoir ce que le type a fait et lui poser des questions dans le vent. Knight. Putain de merde, pense-t-elle, on se fout de sa gueule. Il l’envoie à elle pour lui causer ? Naira se retient de rire, son visage restant neutre face à celui de Harris qui lui explique que le Sons a pété un câble et a démonté la face d’un mec. Les témoins de la scène ont dit que c’était la faute du type, qu’il a collé à une droite à une des serveuses et que Korben l’a du coup tabassé. Pas vraiment étonnant, selon Naira. Harris veut qu’elle prenne sa déposition, parce que les propos de Knight sur la scène ne sont pas suffisants au cas où le type décide de se rebeller. Honnêtement, Reyes trouve qu’ils partent un peu loin et elle se dit qu’elle risque de passer un sale quart d’heure qu’elle rendra coup pour coup à Knight. Il y a quinze ans, Naira s’est barrée sans lui dire un mot après une dispute. La raison était simple : Naira ne voulait pas devenir une old lady – parce que ça aurait fini par arriver – et elle a préféré prendre le large pour être libre. Korben ne doit pas avoir digéré la pilule et c’est normal, après tout, ils ne se sont jamais expliqués, même si Reyes est revenue depuis maintenant quatre ans. Naira se décide enfin à entrer dans la salle d’interrogatoire, prenant une grande inspiration avant de le faire histoire de pouvoir garder son calme un maximum. Elle le connait suffisamment bien pour savoir qu’il va très certainement jouer au con. Naira ne bronche pas quand il lui envoie une remarque sarcastique au moment même où elle entre, n’y répondant même pas avant de s’asseoir. « T’es pas là pour longtemps, donc si tu pouvais juste me raconter à nouveau ce qui s’est passé, ça m’arrangerait. Faut qu’on vérifie que tous les témoignages concordent, puisqu’on sait tous que pas mal de gens du coin sont prêts à vous défendre. Le plus vite on en a fini, le plus vite tu pourras te tirer de là. » Pas la peine de prendre des gants, avec lui, ça ne marcherait pas. Visiblement, il préfère faire comme si elle n’était pas là et Reyes sait immédiatement que ce foutu interrogatoire risque d’être beaucoup plus long que prévu. Dans un monde merveilleux, il lui expliquerait à nouveau ce qui s’est passé tranquillement et ils pourraient tous deux repartir faire ce qu’ils faisaient sans problème. Mais non. Ce serait bien trop beau. La brune ne bronche pas quand elle l’entend l’envoyer chier. Pas étonné une seule seconde, certes, ça la surprend un peu plus quand il se dirige vers la porte avant de se retourner et continuer ses conneries avec le clou final de ses paroles. « C’est bon ? T’as fini ? Contrairement à toi, j’ai tout mon temps. Et si tu penses une seule seconde que tu m’impressionnes, tu rêves. » Lui dit-elle sur un ton qui la surprend elle-même, cela dit elle sait très bien que s’il continue sur ce terrain-là elle finira par s’énerver et probablement que le poste de police entier sera au courant que les deux ne s’apprécient guère. « Ce que t’as dans le pantalon ne m’impressionne pas non plus, mais je te remercie de ta proposition, c’est bien aimable de ta part, Knight. » Ajoute-t-elle en le regardant, un air blasé accroché à son visage. « Je comprends, Korben, tu l’as mauvaise. Je suis partie sans rien te dire, j’ai blessé ton ego de mâle, mais ici, ce n’est absolument pas le bon endroit pour en parler. On fera ça une autre fois, là, je veux que tu m’expliques pourquoi t’as cogné ce type. » Si elle en rajoute en faisant exprès ? Un peu. Elle n’y est pour rien s’il a décidé de se la jouer trou du cul de première.

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Mar 29 Sep - 22:38



A croire que les femmes cherchaient à lui faire payer quelque chose. Quant à savoir quoi, il séchait lamentablement. Sa propre mère n’avait eu de cesse de lui jeter au visage combien elle regrettait son existence et sa naissance. Difficile de se construire correctement quand on a qu’un seul parent, d’autant plus quand le seul référent féminin que l’on possède ne fait pas franchement partie du haut du panier. Il s’était toujours méfié des femmes, ça semblait presque inévitable. Mais il existait des exceptions, ses trois sœurs, leur amie qui avait fini par être le cinquième membre de leur famille brisée et Naira. Cette dernière le connaissait comme le dos de sa main, elle savait tout de lui, de ses craintes, de ses faiblesses et des pires moments de sa vie. Elle était la seule à connaître les pires détails de son existence dans cette putain de caravane, à entendre sa mère se faire démonter par un énième type de passage. Ils avaient partagé tellement ensemble, ils avaient traversé tellement de choses et avait servi de garde-fou à l’autre durant de si longues années, pour lui, ça ne pouvait signifier qu’une seule chose : ils étaient faits pour emprunter la même voie et ne jamais en dévier. Quelle putain de naïveté ! Qu’il pouvait être con ! Avec une mère comme la sienne, aussi douée pour la comédie qu’elle pouvait l’être quand elle se la jouait mère courage et bafouée, il aurait dû savoir que toutes les femmes avaient le diable en elle, le mal sommeillait dans un coin mais ne demandait qu’à sortir et à s’exprimer. Elles attendaient leur heure et quand le moment était venu, ça tombait comme un couperet et elle ne se gênait pas pour vous administrer la correction de votre vie. C’était le drame des hommes comme lui, ils n’estimaient que peu de représentantes de la gent féminine mais quand c’était le cas, ils en devenaient aussi stupides qu’aveugles. Il ne cessait de se répéter qu’il était beaucoup plus jeune et qu’aujourd’hui, il ne reproduirait sans doute pas les mêmes erreurs, ça ne le rassurait qu’à moitié. Quand il repensait à tout ça, il avait l’impression d’être passé à côté de l’essentiel, d’avoir loupé un putain d’épisode. Ça ne rendait pas la douleur moins insidieuse et si elle s’était un peu estompée avec le temps, elle n’en demeurait pas moins sourde et présente. Il avait suffi qu’il la recroise en ville pour que tout remonte à la surface, pour qu’il sente qu’il perdait pied et que rien n’était classé. Il n’y avait pas que son départ précipité qui l’avait bouleversé, il y avait également tout ce qu’il avait mis de lui dans ces projets et cette relation naissante. Elle l’avait poussé dans ses retranchements, l’avait amené à se dévoiler plus qu’il ne l’avait jamais fait avec personne, tout ça pour lui claquer la porte au nez et disparaître, comme si c’était trop pour elle, ou bien comme si ce n’était pas suffisant, indigne d’une fille aussi bien qu’elle. Une putain de pétasse qui s’estimait tellement qu’elle ne trouva rien de mieux que de revenir et de jouer les flics de service pour venir casser les burnes des Sons.

Il était sans doute vieille école mais pour lui, on ne laissait jamais les gens que l’on aimait sur le carreau, on n’abandonnait personne, qu’importe les raisons. On s’asseyait et on assumait la vérité. Qu’elle le plaque salement ne lui aurait pas forcément fait du bien, son ego aurait mangé un sacré revers mais ça aurait mieux valu que ces années d’inquiétude et d’angoisse, que ces insomnies, cette tristesse et la manière dont cela faussa complètement toutes ses relations ou embryons de relations avec les femmes. Il ne méritait pas ça, il estimait avoir toujours été sincère et à l’écoute, dans la limite du possible. Ce qu’elle foutait là était un réel mystère. Après avoir fait du mal à tout le monde, elle aurait mieux fait de reste enterrée là où elle était et de ne jamais en revenir, pour le bien du plus grand nombre et la santé mentale d’un Korben qui se sentait de plus en plus flirter avec les limites de sa patience. « T’impressionner ? » il ricana, se passant une main sur le visage, espérant que ça lui éviterait de les poser autour de sa nuque pour tenter de la faire taire pour de bon en l’étouffant. « Tu te prends vraiment pas pour de la merde ! T’es qu’un flic de merde dans le trou du cul de l’Amérique, personne n’a envie d’en mettre plein la vue à une pétasse de ton genre ! Je t'ai déjà sautée, j'ai encore moins de raisons de le faire. » Pour ce qu’on récoltait après ce genre d’exercice, mieux valait s’abstenir et se focaliser sur des femmes plus réceptives à ce que le commun des mortels aurait qualifié de petites attentions agréables. « La seule qui a perdu gros dans cette histoire, c’est toi. Moi, je me porte bien ! Je n’ai plus rien à te dire et ça ne risque pas de changer dans les dix prochaines minutes, j’ai un business à faire tourner, t’auras qu’à envoyer un larbin au restaurant pour ma déposition complète. » Il la toisa, la détaillant de haut en bas avec une réelle expression de dégoût. Il ouvrit la porte et sortit de la pièce avant de revenir sur ses pas pour ajouter : « Mourir sur ce champ de bataille, c’est ce que t’aurais pu faire de mieux, Wallace, t’aurais au moins eu l’air d’un héros, là, t’es seulement la salope de service qui essaie de se racheter une conscience en bossant pour les poulets, t’es plus pathétique que jamais. T’aurais pu être flic n’importe où, pourtant, t’es là ! A mon avis, t’es venue récupérer quelque chose, onze ans trop tard. Personne n’est assez important pour qu’on l’attende une décennie. J’espère au moins qu’entre-temps, tu as pu te renseigner sur la loyauté et l’honnêteté. »


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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Mer 30 Sep - 0:09


Naira se demande parfois si certaines caractéristiques peuvent courir dans une famille. Chez les Reyes, Naira n’a pas été la dernière à partir. Son frère et sa sœur ont fait absolument la même chose. A croire que Naira a lancé un mouvement dans la famille. Surement que ça n’a pas arrangé sa mère, voir tous ses enfants se tirer les uns après les autres a probablement dû la pousser à se remettre en question en matière d’éducation. Elle a dû se demander ce qu’elle avait bien pu faire de mal pour les voir tous s’évaporer dans la nature. Cela dit, selon Naira, le problème n’est jamais venu de ses parents, mais plutôt de Lonwook. Cette ville peut facilement donner l’impression qu’on ne pourra jamais s’en défaire. En général, c’est bien vrai. Tu nais à Lonwook, tu crèves à Lonwook après avoir éventuellement tenu une putain de boulangerie toute ta vie. La différence entre Naira, son frère et sa sœur, c’est qu’elle est revenue pour de bon. L’idée de laisser son père seul ne lui plaisait absolument pas. Et les deux autres ne cherchent même pas à prendre des nouvelles. Soi-disant que leurs vies ne leur permet pas d’appeler leur père fréquemment. Certes, Naira n’a jamais été exemplaire et elle ne peut pas dire quoi que ce soit là-dessus. Mais même quand elle était en Afghanistan, elle trouvait toujours le temps de leur envoyer une lettre par mois. C’était la moindre des choses. Elle leur avait expliqué son départ, qu’elle finirait par revenir, mais que ça prendrait surement pas mal de temps. La personne à qui elle n’avait rien envoyé était Korben. De toute façon, Naira est certaine qu’il n’aurait même pas pris la peine de lire la moindre lettre qu’elle aurait bien pu lui envoyer. Sa façon de partir était surement lâche, mais elle sait parfaitement que s’ils en avaient parlé, elle ne serait jamais partie et elle aurait fini par le regretter. Au final, elle aurait surement pété un câble et ça n’aurait servi à personne. Naira n’est pas conne, elle sait que Korben ne risque pas de lui pardonner ce qu’elle a fait. C’est bien pour ça qu’elle préfère ne même pas lui demander pardon, cherchant à éviter au passage de s’en prendre plein la tronche. Reyes aurait dû lui en parler et elle a probablement pris une décision stupide, mais aux dernières nouvelles on ne peut pas refaire le passé, on ne peut que faire avec. Oui, Korben lui a manqué, souvent elle se laisse tenter à imaginer ce qui aurait pu se passer, mais elle finit toujours par revenir à la réalité, sachant pertinemment que refaire le monde ne sert à rien. Naira sait aussi qu’elle pourrait utiliser tout un tas de choses pendant leur joute verbale, des choses qui feraient bien plus mal que n’importe quelle autre parole. Cela dit, elle préfère ne pas le faire. La seule raison qui la pousserait dans ce sens-là, ce serait que Korben aille trop loin dans ses paroles et là, peut-être bien qu’elle irait utiliser la mère de ce dernier, parce qu’elle sait très bien que son départ lui a rappelé cette conne démissionnaire.

La différence entre Naira et Korben, c’est qu’elle ne peut pas se plaindre de la situation comme il le pourrait. C’est elle qui est partie, elle n’a pas le droit de venir lui dire maintenant qu’elle le regrette. Dans un certain sens, ce serait peut-être vrai, mais dans un autre, ce serait un mensonge. Par contre, la vérité est simple : ça n’a pas été aussi facile pour elle qu’il semble le croire. En partant, elle l’a perdu tout autant que lui l’a perdu à elle. Il était son meilleur ami et son premier amour et elle n’a jamais pu tirer un trait sur tout ça. Sauf que c’est beaucoup plus facile de faire comme si plutôt que d’affronter la vérité. En tout cas, c’est plus simple pour elle. Naira sait très bien que Korben est en mode défensif, sa seule défense étant l’attaque, parce que c’est le plus simple et certainement le plus efficace. Après tout, les deux n’ont jamais su faire dans la demi-mesure. Reyes soupire en entendant la remarque du brun, passant une main sur son visage pour souffler légèrement. Korben allait la gonfler, elle n’avait aucun doute là-dessus. D’ailleurs, il prend même la décision d’ouvrir la porte sans laisser à Naira le temps d’en placer une. Une putain de pipelette quand il s’y met. Et si ses paroles précédentes ne l’ont pratiquement pas atteinte, sa dernière tirade arrive quand même à l’énerver. « Ferme-là, tu veux ? Tu sais pas de quoi tu parles. Tout d’abord, tu penses que je suis revenue pour toi ? Non, mais tu te prends pour qui exactement ? Le centre de l’univers ? Je suis revenue pour mon père, et non pas pour toi. » Il y aussi le décès de sa mort qui a joué dans son retour, mais absolument pas la présence de Korben en ville. Naira a d’autres chats à fouetter. « Puis j’ai rien perdu contrairement à toi, c’est moi qui suis partie, je savais très bien ce que je faisais. » Ca, ce n’est pas tout à fait la vérité, mais au point où elle en est, elle ne cherche plus vraiment à penser à ce qu’elle dit. Leur seul but est de s’en foutre plein la tronche, non ? Tout ça au bout milieu du poste, vraiment l’endroit idéal. Au moins, ça crée de l’animation, on ne peut pas dire le contraire. « A quel moment est-ce que j’ai essayé de me racheter une conscience ? Tu sais, Knight, je dors très bien la nuit. Et s’il m’arrive de faire des cauchemars, tu n’en es certainement pas le personnage principal. T’as vraiment pas changé, toujours aussi con. Tu montes sur tes grands chevaux comme un putain de gamin. Ce qui te fait surement le plus chier, c’est de voir que je suis pas en train de me morfondre après notre histoire ratée. Tu préférerais surement que je sois en train de te supplier de me pardonner. » Si elle ne comptait à la base pas se foutre en colère, c’est complètement raté. « Si tu veux savoir la vérité, j’aurais préféré crever sur le champ de bataille, comme tu dis, histoire de plus jamais revoir ta sale gueule. Mais dommage, on est là tous les deux et tu vas devoir faire avec. Je compte pas repartir, que ça te plaise ou non. » Naira sait très bien que tous les regards sont braqués sur eux, à croire qu’ils n’ont pas autre chose à foutre tous ces cons, ils pourraient faire leur boulot pour une fois, ça changerait mais non. Il faut qu’ils regardent et comme ça, demain, Lonwook tout entier sera au courant que les deux se sont recroisés et que, visiblement, ce n’est plus le grand amour. « Maintenant soit tu fais ta déposition, soit tu te casses, parce que j'en ai marre de tes conneries. T'as même pas su avancer, quoi que, si, t'as été marié. Je me demande où elle est d'ailleurs, elle aussi tu l'as fait fuir ? A croire que je suis pas la seule. » Naira croise les bras sous sa poitrine, fixant Korben avec intérêt. Reyes se demande pendant l'espace d'une seconde comment ils on pu en arriver là, puis elle réfléchit et sait que c'est de sa faute. Si elle avait su, elle n'aurait jamais foutu les pieds dans cette salle d'interrogatoire et ça aurait été tant mieux pour tout le monde.

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Ven 2 Oct - 14:27



Trop en attendre des gens, c’est automatiquement se mettre en position de faiblesse. Il donnait sans compter mais refusait de recevoir, question de principe et de survie. Il avait décrété que l’être humain, sorti d’un certain contexte, ne valait pas la peine qu’on lui fasse confiance. Sa mère lui avait au moins inculqué ça. Il aurait sans doute se souvenir que les femmes sont de véritables poisons, ça lui aurait épargné des années de torture psychologique. On ne se remet jamais de la mort de quelqu’un, du moins pas complètement, mais on parvient à se faire une raison, à se dire qu’on aura beau pleurer toutes les larmes de son corps et supplier, cette personne ne reviendra jamais. Mais on ne peut pas en dire autant quand cette personne disparaît sans donner de nouvelles et vous laisse accuser le coup pendant plus de dix ans pour revenir comme une fleur, la bouche en cœur, l’air en pleine forme. Elle s’était bien foutue de sa gueule. Il avait passé des mois et des mois à la chercher, à appeler partout et à se renseigner là où il le pouvait pour tenter de lui mettre la main dessus. A l’époque, les ressources internet étant plus limitées qu’à présent, il avait été impossible de trouver la moindre trace d’elle où que ce soit. Il n’abandonna pas pour autant, car dès qu’il se décourageait, il avait l’impression de l’apercevoir quelque part. Ça avait duré quelques temps comme ça, où il ne dormait plus ou presque, ne mangeait plus et où il attendait de pied ferme qu’elle frappe à sa porte, sourire aux lèvres en lui disant qu’elle avait eu besoin d’air, que leur dernière dispute l’avait laissée sur les rotules et qu’elle était désolée. Ils n’étaient pas toujours d’accord et étant le roi de la mauvaise foi, il ne manquait jamais de la charger pour lui faire porter la responsabilité de ce qui les opposait. Il finissait toujours par s’excuser, du moins quand elle ne faisait pas pire et qu’elle ne le vexait pas. Il lui fallut un bon paquet d’années pour accepter l’idée qu’elle ne reviendrait plus, qu’il  ne lui était probablement rien arrivé de grave et qu’elle avait seulement décidé de changer de vie, de s’en construire une nouvelle, plus belle mais surtout sans lui. Malgré tout ça, en dépit de la dureté de la réalité et de cette vérité qui émiettait son cœur, il subsista longtemps l’espoir d’un retour inespéré. Jusqu’à ce qu’elle revienne pour de bon et qu’il n’obtienne pas la moindre explication et encore moins une visite pour lui présenter des excuses. Il peinait déjà à piger pourquoi elle s’était tirée si longtemps mais si en plus, par son attitude, elle affirmait qu’elle n’en avait jamais rien eu à foutre de lui, l ne pouvait rien pour elle. Quelle personne un tant soit peu intéressée par les autres se comportait de la sorte ? C’était une putain de blague ! Il avait peut-être même pissé sur son mariage pour de mauvaises raisons, il regrettait déjà amèrement la manière dont ça s’était terminé, conscient qu’il était l’unique responsable de ce fiasco, lui et sa certitude à la con que Naira ne l’avait pas oublié.

« Et ça va, t’arrives à te convaincre de tout ça ? Ça te rassure de te mentir ? Ça doit tenir chaud la nuit, cela dit ! » Ironisa-t-il en la toisant avec un sourire mauvais aux lèvres. Toutes ces justifications en cascade puaient le mensonge et il s’en amusait mais ça n’adoucissait pas sa peine. Pas le moins du monde. Ce n’était qu’une maigre consolation par rapport à tout ce qu’il avait perdu dans cette histoire. Des plumes, il en avait laissé un paquet sur le chemin. « La seule qui s’excite, pour le moment, c’est toi, Wallace ! Tu mets tellement d’application à te la jouer femme forte, t’en deviens pathétique. T’es la même gamine hystérique et impulsive que j’ai connue y a de ça bien des années, une simple étincelle et tu exploses. Toute cette attitude de femme indépendante de mes deux, ça t’a toujours aveuglée, je constate que ça n’a pas changé. Ça te rend égoïste et inconséquente. Moi, je suis très calme, tu ne peux visiblement pas en dire autant ! Je n’attends rien de toi, j’ai compris depuis bien longtemps que du respect et de la considération, t’en avais que pour les choses qui ne comptaient pas et l’avis de ceux qui ne sont que des figurants dans ta vie. Les gens comme toi finissent seuls ! » Il ne mâchait pas ses mots et les pensait tous. Une femme forte n’avait pas besoin d’en faire des tonnes pour qu’on comprenne qu’elle était aussi dangereuse que capable de susciter de l’amour et de l’admiration. Dans sa volonté farouche d’être reconnue comme une porteuse de couilles officielle, elle en avait perdu de vue l’essentiel. Sa sensibilité ? Disparue, comme elle, il y a onze ans. Elle était un cas désespéré. Il haussa les épaules à sa remarque dégoulinante de fiel. « Tant mieux pour toi, c’est censé me faire quelque chose ? » Il fut à deux doigts de se tirer sans un regard de plus mais ça aurait été louper une occasion en or de lui envoyer ses contradictions dans la gueule. « Je vois que tu es bien renseignée pour quelqu’un qui prétend ne rien en avoir à foutre, il semblerait que tes priorités soient toujours les mêmes qu’avant, pas vrai ?! Je te remercie de t’inquiéter de mon mariage, cependant. Et figure-toi que ça s’est terminé comme une relation normale entre deux adultes qui se respectent, tout le monde n’est pas aussi lâche que tu peux l’être. Je sais, ça semble étonnant, mais dans la vraie vie, les gens ont de la considération pour les autres. »



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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Ven 2 Oct - 19:56


L’ignorance a ses avantages, Naira en sait quelque chose. Elle s’en est servie pendant quatre ans comme si c’était une seconde peau. Elle préfère éviter de faire face à certaines situations un maximum, jusqu’à ce que la confrontation soit inévitable, par exemple. Plus simple d’ignorer les choses que d’y faire face avec les yeux grands ouverts. Qu’est-ce qu’elle aurait dû faire ? Aller s’excuser après de Korben en rentrant ? Peut-être que c’était en effet la meilleure solution, sauf qu’elle a entendu des choses quand elle est rentrée. Dans cette ville, tout le monde sait tout sur tout le monde et les rumeurs vont bon train. A croire que les vieux du quartier voient tout, entendent tout et savent tout. Rien de bien étonnant là-dedans, ça a toujours été le cas. Quand Naira ne voulait pas que ses parents soient au courant de quelque chose, il fallait savoir les faire en toute discrétion. Cela dit, c’est grâce ou plutôt à cause d’eux que Naira a appris que Korben avait été marié. Sur le coup, ça lui avait foutu un putain de choc. Elle avait eu du mal à le croire et c’est aussi pour ça qu’elle s’est dit que ça ne servait à rien qu’elle aille s’excuser. S’il l’avait oublié alors pourquoi aurait-elle dû aller déterrer le passé ? Ça aurait stupide de sa part. Elle ne se voyait pas arriver devant chez lui avec des yeux de biche en lui disant qu’elle était désolée. D’autant plus qu’au moment où elle est rentrée, Korben n’était pas beaucoup présent en ville. A croire que l’ignorance allait dans les deux sens. Naira avait su se renseigner en toute discrétion. En même temps, pendant un an, elle n’a eu que ça à faire. Peu importe ce qu’elle aurait bien pu faire, dans les deux cas, ça ne se serait pas bien passé. Une discussion était de rigueur, c’est indéniable. Parce qu’après tout, elle n’était pas exactement partie à cause de lui ou à cause de leur relation, mais juste à cause de cette ville et du fait qu’elle n’avait pas vraiment envie d’y rester jusqu’à la fin de ses jours. Elle avait eu besoin de se tirer et faire sa vie autre part. Naira a été totalement égoïste, elle ne peut pas le nier et elle sait qu’il a n’a pas tort dans tout ce qu’il dit. Mais rejeter la faute sur les autres est plus simple. Même si oui, au final, Naira se retrouve à Lonwook et surement qu’elle finira par crever ici, comme beaucoup d’autres. Cela dit, elle ne regrette pas d’être allée dans l’armée, peut-être juste comment elle est partie. C’était faible de sa part, petit et franchement pas très honnête. Un mot aurait probablement était de rigueur, ça aurait été le minimum. Mais Naira est partie tellement vite qu’elle n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit, si ce n’est prendre toutes ses affaires et se barrer comme si de rien n’était. Il n’a pas été le seul à lui en vouloir, sa mère aussi.

Naira observe Korben, les bras croisés, son calme totalement évaporé. Il n’a pas tort sur ce point au moins, face à lui, il est clair qu’elle peut s’emporter en moins de deux. C’est surement la chose qui ne changera jamais entre eux. Les deux trouvaient toujours les raisons les plus débiles pour se gueuler dessus à l’époque, mais l’un d’entre eux finissaient toujours par venir s’excuser. Dans le cas présent, ce serait à Naira de s’excuser, mais putain, elle a du mal. Ce n’est plus dans ses habitudes de courber l’échine devant lui. Quinze ans qu’ils ne s’étaient pas adressés la parole, alors non, Naira ne sait pas exactement sur quel pied danser, sauf sur celui de la défensive ou plutôt de l’attaque. Reyes écoute tout ce que Korben a à lui dire, elle le laisse vider son sac, pensant que cette discussion devrait s’arrêter là, mais non. Elle le fixe, entendant chacun de ses reproches et finalement, elle finit par baisser la tête. Là, elle est carrément dépassée. Naira pensait qu’il n’en avait plus rien à faire d’elle, ça lui semblait carrément évident, mais le connaissant, elle sait qu’il ne lui parlerait pas comme ça si c’était le cas. S’il s’en foutait, il se serait contenté de l’ignorer totalement jusqu’à ce qu’elle en ait marre. Naira aurait fini par envoyer quelqu’un d’autre prendre sa déposition et là, ça aurait été franchement beaucoup moins désagréable. « J’ai été curieuse et même si je ne l’avais pas été, ma voisine m’aurait quand même tout balancé. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? T’as surement raison, Korben, je suis égoïste. Mais valait mieux ça se passe comme ça entre toi et moi. » Qu’il pense ce qui lui plait de ce qu’elle vient de lui dire, elle s’en moque. Naira préfère qu’il la haïsse pour son départ plutôt qu’avoir eu une relation de merde pour les regrets qu’elle aurait pu avoir toute sa vie de ne jamais s’être barrée. Elle le lui aurait reproché et une relation saine ne peut pas fonctionner ainsi. « J’aurais surement dû venir te dire quelque chose, mais je l’ai pas fait et aux dernières infos, ça a pas l’air de t’avoir tant effondré que ça. » Ajoute-t-elle, fatiguée et défaitiste. Naira n’a pas envie d’en dire plus, elle n’a pas envie de lui pourquoi elle ne lui a rien dit, même si ses paroles sont plutôt culottées, mais il l’a dit lui-même : elle est inconséquente. Sauf qu’ils en sont là et qu’ils sont au beau milieu du poste de police. Tous ses collègues sont en train de les écouter, elle n’a pas besoin de les regarder pour savoir qu’ils ont cessé toutes activités pour pouvoir braquer leurs yeux sur eux et à tout moment, le sheriff va sortir de son bureau en gueulant et tous les deux les faire dégager de là comme des malpropres. « Quelqu’un d’autre prendra ta déposition, quitte à être lâche, autant l’être jusqu’au bout, tu crois pas ? » Naira a envie de se tirer de là au plus vite parce que les choses sont allées beaucoup trop vite à son gout. Sauf qu’elle n’a pas envie d’être celle qui part une fois de plus, alors elle va attendre aussi patiemment que possible que ce soit lui qui le fasse. Quitte à continuer de gueuler devant tout le monde, au point où elle en est, elle n’est plus vraiment à ça près.

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Dim 4 Oct - 23:11



Se montrer détaché, surtout, quoi qu’il arrive, il devait à tout prix se montrer le plus détaché du monde. Il n’était pas question de lui offrir la moindre satisfaction, de la laisser entrevoir cette peine qu’elle avait provoquée et cette blessure qui saignait toujours à sa simple évocation, autant dire que l’hémorragie n’était pas prête de cesser maintenant qu’il l’avait sous son nez. Il n’était pas le type le plus équilibré du monde et encore moins le petit-ami parfait mais il estimait mériter bien mieux que le traitement qu’elle lui avait fait subir. Il avait toujours mis un point d’honneur à la respecter et à l’aimer autant qu’il le pouvait, autant qu’il s’en sentait capable. Il l’avait protégée de lui et du club, sachant pertinemment ce qu’elle en pensait, se disant qu’elle finirait par s’y faire, qu’elle voudrait y prendre part, à un moment ou à un autre, parce que ça faisait partie de lui et qu’elle savait mieux que personne que sans les Sons of Anarchy, il aurait sombré, il aurait mal tourné et n’aurait jamais pu envisager aider ses sœurs et leur offrir un véritable avenir. Ses choix étaient discutables mais certainement pas sa sincérité ou bien ses sentiments, il avait fait de son mieux pour la sécuriser et lui laisser l’opportunité d’être ce qu’elle voulait. Ce n’était visiblement pas assez pour elle. Qu’aurait-il bien pu faire de plus ? Il n’en saurait jamais rien, de toute façon, elle réitérait ce qu’il pensait déjà, elle avait décidé pour eux deux et s’était convaincue que c’était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il n’avait pas à discuter et encore moins à s’abaisser à faire le moindre effort. Elle avait merdé, pas lui, contrairement à ce qu’il avait cru durant des années, gâchant toutes les chances que le destin lui avait offertes, persuadé qu’il n’y en avait qu’une au monde capable de le combler et que sans elle, rien ne valait la peine d’être vécu. « Tu te tires sans un mot et tu t’attends à ce que les gens t’attendent jusqu’à la fin de leurs jours ? Pour qui tu te prends ? Assume la responsabilité de ce que tu as fait et ne me mêle plus à ça, est-ce que je suis clair ? T’as fait ton choix, j’ai fait les miens, on n’a plus rien à se dire ! C’est ça, foutez vous votre déposition au cul ! » Il tourna les talons et quitta la pièce puis le bâtiment, sentant que s’il se retournait pour poser les yeux sur son visage, il allait manquer à sa promesse et allait lui balancer cette putain de gifle qu’elle méritait. Elle ne manquait pas de toupet, c’était le moins que l’on puisse dire. Elle se barrait, crachant sur tout ce qu’ils auraient pu être et revenait comme une fleur, assurant que tout était de son fait et que de toute façon, puisqu’il avait trouvé la force de se relever, ça ne pouvait que lui donner raison. Il lui fallut une sacrée bonne dose d’alcool et de marijuana pour se calmer. Il passa un coup de fil à Sunny, lui racontant et appréciant ses paroles réconfortantes et sa proposition de revenir le weekend suivant avec son mari et leurs quatre enfants pour lui changer les idées. Il accepta sans l’ombre d’une hésitation, il lui fallait de bons souvenirs pour repousser les anciens, plus douloureux.

Le service du soir se déroulait parfaitement bien sans lui mais une des serveuses était malade et il n’avait pas trouvé de remplaçante dans les deux heures précédant ce moment délicat, alors il avait pris le parti de s’en occuper lui-même. Il avait sa tête des mauvais jours. Il manquait de sommeil, dès qu’il fermait l’œil, les cauchemars le poussaient à se lever avec une étrange sensation d’oppression. Il finissait devant la télé quand il n’allumait pas la console après s’être roulé un joint pour tenter de faire passer le goût amer de l’échec et de la tristesse. Jamais sa solitude ne lui pesait plus que dans ces moments-là. Même l’idée de sortir pour se trouver un trou à combler ne le tentait pas et il préférait la compagnie silencieuse et sans engagement de sa console de jeu. Marsha, l’une des old ladies du club, ayant l’âge d’être sa mère, ne cessait de lui répéter de se reposer et de lui demander si tout allait bien avant de déposer un baiser sur son front, ajoutant qu’il était le bienvenu s’il avait besoin de quoi que ce soit. Mais ce qui le consumait, c’était le genre de maladie pour laquelle il n’y avait pas de remède, ça aurait été si simple sinon. Tout compte fait, il préférait la période où elle faisait la morte, c’était beaucoup moins difficile à gérer que son indifférence. Il venait de déposer les dernières commandes sur le tableau pour le chef quand l’une des deux serveuses du soir vint vers lui, insistant pour lui parler des containers à poubelles, derrière le restaurant. Il la suivit mais finit par perdre patience, insistant sur le fait qu’il y avait trop de monde pour perdre du temps avec ça, tout de suite. Il comprit ce qu’elle avait tenté de faire quand son regard épousa une silhouette familière à la table huit. « Je m’en occupe, Korb, t’en fais pas ! » « Laisse, je vais y aller, c’est mon secteur. » Il sortit son carnet de commande, sentant un froid familier s’installer, s’insinuer jusque dans ses os et paralyser ses membres. La rage était un feu dévastateur mais la rancune et la rage agissaient différemment. « Bonsoir, bienvenue chez nous, qu’est-ce que je peux vous servir ? » lâcha-t-il d’une voix égale, semblant terriblement détendu. Foutaises ! Il fallait se méfier de lui en règle générale, particulièrement quand il était dans cet état.



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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Lun 5 Oct - 0:22


Deux semaines s’étaient écoulées depuis son altercation au poste de police avec Korben et autant dire que tout n’allait pas vraiment pour le mieux dans le meilleur des mondes. Non. Déjà, tout la gonflait au plus haut point, peu importe ce qu’on pouvait bien lui dire, le moindre mot désagréable et elle réagissait au quart de tours. Pire qu’avant et en envoyant tout le monde se faire voir sur son passage. Du coup, les trois quarts des flics du bureau l’évitaient une fois qu’elle entrait dans la pièce et à vrai dire, c’était mieux pour tout le monde. Ensuite, elle se sentait vraiment conne et une culpabilité qu’elle n’avait pas ressentie depuis bien longtemps était remontée à la surface. Comme pour venir lui rappeler que des excuses étaient au moins le minimum de ce qu’elle aurait pu dire à Korben. Avec elle, cette culpabilité avait fait remonter des cauchemars, comme si quelque chose ne pouvait jamais arriver seul. Naira se réveillait en plein milieu de la nuit, des images de son passage à l’armée plein le crâne. Autant dire qu’elle aurait largement pu s’en passer et qu’elle se portait très bien sans. Et pour finir, elle devait accueillir chez elle Harrison et elle ne savait pas si elle n’allait pas lui pourrir sa permission au lieu de lui changer les idées en le faisant sortir pour lui permettre d’oublier sa conne de femme qui l’empêchait de voir ses gosses et qui l’a trompé par-dessus le marché. Non, ces derniers jours n’avaient pas été terribles. Même son chien préférait l’éviter, sentant surement que Naira était suffisamment en rogne pour ne pas venir en rajouter en faisant des conneries dans la maison. Cela dit, maintenant que son ancien co-équipier était là, elle ne pouvait pas se permettre de l’envoyer chier pour un oui ou pour un, après tout, elle l’avait invité sans qu’on l’y force et avant même de parler à nouveau à Korben. Sa présence allait surement être le meilleur moyen pour elle de penser à autre chose. Elle n’hésita pas une seule seconde quand il lui proposa de sortir. Sortir signifiait qu’il fallait quitter Lonwook, parce que niveau bar sympa, les habitants avaient beau dire, les propriétaires du coin n’étaient pas de grands fans des flics. Donc, elle l’emmena dans un bar de la ville d’à côté – où la population était un peu plus jeune – et où on pouvait faire autre chose que boire une bière sur un tabouret de merde entouré des vieux du quartier. Naira n’avait même pas besoin de regarder Harrison pour savoir qu’il cherchait une gonzesse avec qui il pourrait tirer un coup vite fait histoire de réellement se changer les idées. Quant à elle, elle préférait largement s’envoyer des verres de whisky en dansant tranquillement plutôt que se mettre en quête d’un beau mâle. Malgré tout le reste, elle n’avait franchement pas la tête à tirer un coup vite fait dans les chiottes merdiques de ce bar. D’autant plus qu’elle savait parfaitement que ça ne fonctionnerait pas.

Puis les deux quittèrent les lieux une fois qu’Harrison semblait plutôt content de sa soirée et que Naira se sentait suffisamment remontée pour qu’ils puissent rentrer chez elle et continuer de picoler sur son canapé en fumant un ou deux joints. Naira avait beau être flic, quand elle avait besoin de se détendre, elle le faisait. Même si ça allait soi-disant à l’encontre de son job. Un joint n’avait jamais tué personne, malgré ce qu’elle pouvait prétendre parfois avec des jeunes qu’elle arrêtait en possession de Marie-Jeanne. « J’ai faim, Reyes. » Naira soupira en entendant Harrison se plaindre, parce qu’elle avait non seulement la flemme de faire à bouffer pour eux en rentrant, mais aussi parce qu’elle savait qu’à Lonwook, il n’y avait ni un McDo ni un Taco Bell ouvert 24 heures sur 24. Donc ils allaient devoir trouver quelque part où manger et le seul endroit qui était probablement encore ouvert à cette heure-ci était le restaurant de Knight. Cela dit, Naira ne comptait absolument pas s’y rendre si elle voyait la moto de ce dernier garait devant. Disons que là, tout de suite, elle préférait penser à autre chose plutôt qu’à lui. Elle s'était déjà assez triturée l’esprit ses derniers jours pour ne pas en rajouter une couche ce soir. Naira poussa un soupir de soulagement en voyant que Korben n’était pas là. Quand elle entra dans le restaurant, elle en eut confirmation en inspectant les lieux : Korben était absent et c’était probablement tant mieux pour lui comme pour elle. Ça allait sans dire que s’il avait été là, Naira ne serait pas restée. Après tout, c'était son territoire ici et elle ne préférait pas venir l’emmerder chez lui. « Eh merde, c’est même pas la serveuse mignonne qui vient prendre notre commande ! » Lui lança doucement Harrison, tandis que Naira fronça les sourcils à cette remarque. Est-ce qu’il venait de traiter la serveuse qui allait prendre leur commande de boudin ? Parce que si c’était le cas, il allait se prendre un coup en pleine tronche pour avoir été aussi insultant. Sauf que non. Ce n’était ni un boudin et encore moins une femme d’ailleurs. Putain de merde, pensa Naira, elle aurait eu mieux fait de leur faire à manger à tous les deux plutôt que de venir ici. Reyes s’enfonça discrètement dans son siège, concrètement là, elle avait envie de dégager. Si elle était remontée grâce à l’alcool, tout venait de redescendre en une seconde et elle se sentait plus sobre que jamais. Naira fit signe à Harrison de commander en premier, préférant parler en dernier. Malgré le fait qu’elle n’avait pas envie de dire quoi que ce soit, elle ne put quand même s’en empêcher. « Je suis désolée, si j’avais su que t’étais là, on serait pas entrés. » Dit-elle, se justifiant sous le regard confus de son ami et elle préféra éviter le regard de Korben, sentant une certaine colère émaner de lui sans même avoir besoin de le regarder. « Un cheeseburger et des frites, s’il te plait. » Elle n’avait plus faim, mais il fallait qu’elle dise autre chose, parce qu’elle se sentait vraiment conne d’être là pour ne pas en plus en rajouter en ne commandant pas.

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Mer 7 Oct - 21:57



Une éternité qu’elle était de retour et malgré tout, elle ne retrouva jamais le chemin de chez lui. Cela aurait dû être un signe, ce fut néanmoins suffisant pour qu’il ne tente surtout pas de reprendre contact. Il y avait des limites que son ego ne se sentait pas de franchir, pour le bien de son amour propre et pour sa santé mentale. Mais il subsistait un maigre espoir malgré tout, jusqu’à ce qu’il se retrouve face à elle et qu’elle pavoise, affirmant qu’il ne comptait plus, qu’il n’avait jamais vraiment compté. On ne partait pas loin de la personne que l’on aimait à en crever. Il lui avait fallu du temps et pas mal de claques dans la gueule pour réaliser que cette relation n’avait jamais été qu’à sens unique. L’erreur avait été de transformer l’amitié en amour. Ils s’entendaient beaucoup mieux lorsque aucune ambiguïté n’existait. Lui avait besoin de cette proximité avec les personnes qu’il aimait à en crever, il avait besoin de sentir ce lien qui les reliait et de savoir qu’elles restaient à sa portée et un peu à lui. C’était égoïste et loin d’être très sain mais il fonctionnait comme ça, il avait besoin de s’approprier les gens pour les empêcher de l’abandonner. Il en faisait sans doute trop mais qui était capable d’aimer avec mesure et raison hormis les calculateurs et les manipulateurs ? Qui ? Des menteurs, des imposteurs, des gens comme Naira. A quoi bon avoir cette explication, après tout ? Elle s’était tirée et quand elle avait refait surface, sa seule urgence fut de se réinstaller et de montrer combien elle avait changé, combien elle aimait exister par elle-même et pour elle-même. S’il y avait eu quelque chose à tirer de tout ça, elle se serait présentée à sa porte à son retour, au lieu de ça, elle lui fit passer un message qui était plus que clair. Le passé restait le passé. Il était dur de la feuille et sans doute con sur les bords mais il avait enfin compris, ils étaient enfin sur la même longueur d’onde. Est-ce qu’il se rendait moins malade pour autant ? Non. Est-ce qu’il était parvenu à tourner définitivement la page ? Non plus mais il estimait que ce serait plus facile maintenant qu’il en avait le cœur net, leur relation n’avait eue d’importance que pour lui. Dire que ça prit près de quinze ans, des tas de relations gâchées et avortées et un mariage brisé. Korben n’était pas homme à donner son cœur facilement et à la légère, cette histoire l’avait convaincu de ne plus jamais s’engager sentimentalement avec qui que ce soit, du moins pas avant de lui avoir passé la corde au cou et d’être certain qu’elle ne mettrait jamais les voiles sur un coup de tête.

« Les excuses ne sont pas nécessaires, madame. Tous les clients sont les bienvenus, sans distinction, c’est le mot d’ordre de la maison. » déclara-t-il machinalement, la mâchoire serrée. Il prit leur commande sans rien ajouter de plus, il s’en était fallu de peu pour qu’il fasse de l’ironie mais ça aurait signifié montrer qu’il était touché et la laissait entrevoir ce pouvoir qu’elle avait encore sur lui et ça, il en était hors de question. « Tout va bien, Korb ? Elle est déjà venue, souvent, quand tu n’étais pas là, je me disais bien que vous finiriez par vous croiser mais j’aurais pu m’en occuper. » « Je ne suis pas en sucre et c’est une cliente, comme n’importe quelle autre. Je n’en ai rien à foutre de ce qu’elle fait et avec qui, ce n’est plus mes affaires. » conclut-il en récupérant les deux assiettes pour se rendre à leur table et les déposer face à eux, ne manquant pas d’ajouter un « bon appétit » poli pour retourner à ses autres tables et tenter de gérer ce qu’il se passait en cuisine. Il n’était pas assez stupide et immature pour lui demander de quitter les lieux, sous quel prétexte ? Il réalisait seulement qu’elle avait plus de facilité pour s’excuser pour des choses sans importance que pour ses plus grosses erreurs. Il ne voulait plus penser à tout ça et encore moins se confronter à tout ce que ça faisait remonter en lui. S’il n’avait pas été en service, il aurait probablement sorti une bouteille pour picoler un bon con et se détendre un peu du slip. L’immense comptoir auquel on servait les clients esseulés avait besoin d’un bon coup de chiffon et ça l’occupa assez pour que ce condensé de sentiments négatifs s’adoucisse un peu. « Quoi de neuf, Joe ? » s’enquit-il auprès d’un habitué, sa femme était morte depuis deux et il venait ici tous les soirs, incapable de supporter la solitude durant les repas, comme beaucoup de ses congénères. « J’ai dû venir à pied, ma vieille Ford m’a lâché ! C’est la merde ! » « Je demanderai à Rich’ de passer chez toi dans la semaine, il pourra regarder ça. » « C’est gentil, Korb. » Il lui offrit un sourire et une tape amicale sur l’épaule avant d’entreprendre de préparer un café. Encore une soirée calme, il espérait pouvoir fermer suffisamment tôt pour aller s’en jeter quelques-uns avec Gage, pourquoi pas trouver une bonne raison de se bastonner quelque part pour évacuer ce qu’il avait sur le cœur et dont il n’avait plus envie de parler.



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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Ven 9 Oct - 11:58


Toute cette histoire laisse un sale arrière-gout dans la bouche de Naira. La seule personne qu'elle peut blâmer pour cela est elle-même. C’est entièrement de sa faute. Elle a merdé de A à Z et elle n'a jamais essayé de se rattraper. Pour elle, c'était déjà trop tard pour aller lui dire quoique ce soit quand elle est revenue. Trop tard au moment même où elle est partie de Lonwook sans rien dire, comme une voleuse bien trop professionnelle pour le bien-être des autres. Même pendant ses permissions, elle n'est jamais revenue à Lonwook, préférant les passer dans la famille de Williams plutôt que revenir chez elle et avoir à éventuellement faire face à Korben. Prête à tout pour ne pas avoir à encaisser tout ce qu'il aurait bien pu avoir à lui dire. Evidemment qu'il lui en veut et il a raison. Si les rôles étaient inversés, elle en serait au même point que lui. Malheureusement, Naira en revient toujours à la même chose: est-ce que les excuses sont encore nécessaires? Est-ce qu'il les écouterait? Rien que d'y penser, ça lui filait mal au crâne. Elle se sentait franchement conne, venir dans son restaurant n’était vraiment pas une bonne idée. Cela dit, ce n’était pas la première fois qu’elle y mettait les pieds, mais elle avait été prudente à chaque fois, faisant attention à ce qu’il n’y soit pas. Dommage pour elle, aujourd’hui, il est bel et bien là et elle n’est pas vraiment surprise par sa réaction. Peut-être qu’agir comme s’ils étaient de parfaits inconnus est sa façon à lui d’envoyer Naira se faire foutre. Malgré tout, fuir est la solution qui lui vient directement en tête, parce que ça reste toujours plus simple que toutes les autres éventualités. Le faire souffrir n’a jamais été son but, Reyes a toujours pensé que Korben l’oublierait facilement, pas mal de gonzesses le voulait dans leurs lits et elle a toujours pensé qu’il en trouverait bien une pour la sortir de sa tête en moins de deux. Visiblement, elle a eu tort sur toute la ligne. Mais la remise en question n’a jamais été le point fort de Naira, surement que ce n’est pas son pire défaut, elle en a bien d’autres qui arrivent facilement à détrôner ce dernier, mais elle devrait essayer de réfléchir à deux fois, plus souvent, avant de faire quelque chose. Ça lui épargnerait bien des emmerdes. Un peu comme le regard qu’Harrison lui lance, le regard qui veut dire qu’il va lui poser tout un tas de foutues questions auxquelles Naira n’a pas envie de répondre pour la simple et bonne raison qu’elle n’a pas envie d’en parler. Elle n’a pas envie de lui expliquer la situation, parce qu’elle sait ce qu’il va lui demander : est-ce que tu t’es excusée ? La réponse est non. Naira n’a jamais expliqué son geste à Korben et elle lui a encore moins demandé pardon, parce que son égo et sa connerie l’en ont toujours empêché. A croire qu’elle n’a jamais bien su comment mettre ses priorités en ordre.

« J’ai un truc à faire, prends ma voiture et rentre, j’te rejoindrai plus tard. » Harrison la regarde avec un regard qui en dit long : il n’est pas d’accord, mais sait que Naira ne changera pas d’avis. Alors il fait ce qu’elle lui dit, lui disant que si elle a besoin qu’il vienne la chercher, elle n’a qu’à appeler. Ils sont sortis du restaurant après avoir mangé et payé et Naira se retrouve à attendre dehors, fumant clope sur clope en attendant patiemment que le restaurant soit vide pour aller dire quelques mots à Korben. Les minutes qui défilent lui laissent pas mal de temps pour réfléchir à ce qu’elle est en train de faire : est-ce que c’est une bonne idée ? Surement pas vu l’humeur qu’il a l’air d’avoir ce soir. Est-ce qu’elle va aller jusqu’au bout ? Pas si sûre que ça de ce point, parce qu’elle se dit qu’elle ferait mieux de rentrer, parce que ça ne servira à rien. Puis elle se ravise et se remet à attendre. De toute façon, elle devra le faire un jour ou l’autre, alors autant le faire avec quelques verres de Jack dans le bide histoire de pas se poser tout un tas de questions supplémentaires. Son cerveau est prêt à exploser jusqu’à ce que le dernier client parte, enfin elle peut rentrer à nouveau dans son restaurant. La serveuse lui dit tout de suite que c’est fermé. « Je veux juste parler à Korben, j’en ai pas pour longtemps. » Dans l’attitude qu’elle adopte, Naira comprend qu’elle essaie de lui dire que ce n’est pas le moment, mais qui a dit que Reyes écoute les conseils des autres ? Personne. « Il est dans la cuisine. » La brune hoche la tête, souriant à la serveuse en guise de remerciement. Naira entre dans la cuisine après plusieurs secondes d’hésitation, se disant qu’elle est en train de faire une connerie et qu’elle n’aura surement pas le temps d’en placer une avant qu’il lui dise de se barrer. Quand Korben tourne la tête vers elle, Naira préfère prendre les devants. « Avant que tu dises quoique ce soit, je préfère te prévenir que ça va pas être long. » Le plus tôt elle aura fini, le plus tôt elle pourra éviter d’avoir à croiser son regard rempli de haine et ce sera tant mieux pour tout le monde. « Je veux juste te dire que je suis désolée. Je suis désolée d’être partie sans rien te dire il y a quinze ans. J’aurais dû te le dire plus tôt, mais j’en ai jamais vraiment eu le courage. » Naira le fixe pendant qu’elle parle, parce qu’elle a envie de lui faire comprendre qu’elle est sincère dans tout ce qu’elle dit, même si ça vient un peu tard. Même si ça ne changera surement rien à la vision qu’il peut avoir des choses. « Je suis vraiment désolée pour tout, Korben. Tu méritais mieux. J’ai été égoïste et injuste envers toi. Je sais pas quoi te dire de plus, mais je crois bien que je te devais bien ça. » Mieux vaut tard que jamais, diront certains. Mais Naira n’est pas assez conne pour penser que Korben va la pardonner, mais au moins, elle s’est enfin excusée.

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MessageSujet: Re: I was too weak to give in, too strong to lose {Naira}   Dim 18 Oct - 21:13



Il se surprenait en faisant preuve d’un tel détachement. A croire qu’il était parvenu à duper tout le monde, lui y compris. Cela dit, comment aurait-il pu en être autrement alors que ça faisait près de quatre ans qu’elle était de retour et qu’en quatre foutues années, elle avait été incapable de retrouver le chemin de chez lui pour venir lui parler et que la seule fois où ils se croisaient, elle n’hésitait pas à le faire passer pour un con, une fois de plus. C’était presque un miracle qu’il soit parvenu à se retenir de l’encastrer dans le mur, au même titre que le fait qu’ils ne se soient jamais croisés. Dans une si petite ville, tout se savait toujours et il était compliqué de ne pas se confronter à ceux que l’on appréciait le moins et malgré tout, ils y étaient parvenus, qui l’aurait cru ? Il n’avait jamais été véritablement prêt pour cette confrontation et à vrai dire, il avait envisagé tous les cas de figure, des excuses aux insultes mais jamais il ne s’était figuré qu’elle pourrait l’accuser d’être l’unique responsable de son départ. Il n’avait jamais été un type parfait alors un petit-ami irréprochable, il ne fallait pas rêver mais il avait fait de son mieux pour la rendre heureuse, essayant de se servir de ses dons incroyables pour prendre soin des autres. Elle avait sûrement dû se sentir étouffée ou bien négligée, parce qu’elle le partageait avec le monde entier, que ce soit avec ses sœurs et toutes les pièces rapportées de leur famille brisée, le club ou bien ces gens de la ville qu’il aidait de bon cœur parce qu’il ne savait pas faire autrement que tendre la main comme on le fit pour lui alors qu’il tentait à se défaire de l’influence néfaste d’une mère démissionnaire. Ça faisait des années qu’il se repassait le film en boucle et qu’il cherchait à comprendre d’où venait le problème et qu’il imaginait mille et une issues à leur histoire et voilà que là, sur son territoire, à l’endroit où il se retrouvait en position de force, il arrivait à faire la part des choses et à privilégier le professionnalisme plutôt que de laisser parler cette incompréhension qui le grignotait depuis près de quinze ans. Il n’attendait qu’une seule chose : qu’elle le libère de son emprise pour qu’il puisse enfin vivre, pour qu’il puisse enfin créer quelque chose qui ne serait qu’à lui et non plus à eux. Il le méritait, il l’avait attendue, durant ces quinze ans, il méritait d’être enfin libéré après avoir tout sacrifié pour le souvenir de cette relation. Parce qu’il ne fallait se faire aucune illusion, après quatre ans en ville, si elle n’était pas revenue vers lui, elle ne le ferait jamais parce que ce n’était pas le but premier de son retour. Sa vie n’avait tourné qu’autour d’elle et lui n’avait été qu’un détail de son existence. Plus triste, on ne faisait pas.

« T’as quatre ans de retard ! Quatre piges de retard et quinze ans à me demander ce que je t’avais fait de si horrible pour que tu me traites comme une merde ! Parce que tu peux te raconter toutes les histoires que tu veux pour faire passer la pilule plus facilement, ça, c’est la réalité ! Tu t’es tirée sans te poser de question, en ne pensant qu’à ta gueule, sans te demander comment moi je le vivrais. Si ce qu’on avait ne te plaisait plus, il suffisait de le dire avant de te barrer, parce que moi, j’ai tout imaginé, TOUT ! Je t’ai cherché et j’ai jamais abandonné l’idée que tu reviendrais, seulement je ne pensais pas que tu te repointerais ici pour autre chose que pour moi ! Faut croire que je t’aimais plus que toi. » Il ne put réprimer un éclat de rire, un rire sans joie qui laissait un goût amer sur sa langue. Dire qu’il avait sacrifié les meilleures années de sa vie pour une salope égoïste, il fallait être passablement débile. « J’espère que ta conscience se porte mieux maintenant et que tu pourras à nouveau dormir sur tes deux oreilles, bien que j’ai pas l’impression que tout ça t’a déjà perturbée. Tes excuses, je me torche le cul avec ! Tu t’attendais à quoi, putain ? A ce que je sois toujours le paumé d’avant ? A ce que je te saute dessus et que je te baise frénétiquement parce que je suis qu’un péquenaud désespéré ? Tu crois que tes pitoyables excuses vont effacer ta trahison ? T’aurais mieux fait de ne jamais revenir, Reyes. C’était la seule chose intelligente que tu avais à faire ! » Il se défit de son tablier et se dit que le cuisinier pouvait bien s’occuper d’astiquer la cuisine sans lui, il n’était plus d’humeur à faire du récurage et du rangement, seule sa bouteille de whisky l’appelait ainsi que la possibilité de caramboler une ou deux pétasses en chemin, il fallait au moins ça pour lui faire passer cet arrière-goût de médiocrité. « Millie ? T’es prête ? Que je te dépose chez toi, je suis attendu ! » beugla-t-il pour que la petite serveuse se presse de tout arranger pour qu’ils puissent mettre les voiles. « Je ne te retiens pas, Reyes ! »



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