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 The wind of change

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MessageSujet: The wind of change   Lun 5 Oct - 21:59




Il se tenait sur les marches de son perron, fumant une clope torse nu et en boxer, le regard rivé sur sa pelouse parfaitement tondue, se demandant jusqu’à quand il allait continuer à se comporter comme un trou du cul. Il n’avait plus quinze piges, il ne pouvait pas continuer à agir en conséquence. En tant qu’homme, il devait se relever et avancer, cesser de s’apitoyer sur son sort comme une putain de gonzesse. Il n’était peut-être pas fait pour le mariage, l’engagement et toutes ces conneries à deux mais il n’était clairement plus fait pour sauter pétasse sur pétasse, se consumant par les deux bouts comme s’il était pressé d’en finir. C’était pathétique. Où était passée sa rage de vivre d’antan ? Celle qui l’avait poussé à se tirer de chez sa mère, celle qui le poussa à embarquer ses sœurs et à travailler dur pour leur proposer un avenir plus heureux que ce qu’elles auraient pu avoir sous la houlette de leur putain de mère. Il n’avait plus personne pour qui se battre et sa propre personne ne l’avait jamais véritablement intéressée, alors à quoi bon ? Il ne s’aimait pas assez pour ça et l’estime qu’il avait pour lui fut réduite à néant après le départ de Naira. Il n’avait jamais été capable de se reconstruire complètement après ça. Comment aurait-il pu après avoir offert sa confiance aveugle et tout ce qu’il était à celle qu’il pensait être l’élue ? C’était d’un romantisme à pleurer mais il était comme ça, tout au fond de lui, il avait toujours rêvé de rencontrer la femme qui saurait effacer sa mère, celle qui saurait lui redonner foi en la vie et en l’avenir. Il misa sur le mauvais cheval et en ressortit complètement dévasté. Las, il se passa une main sur le visage, terminant son reste de whisky dans cette bouteille entamée la veille. Commencer la journée au Jack Daniels, il y avait mieux mais au point où il en était, ce n’était pas un peu de baume au cœur qui l’empêcherait de faire ce qu’on attendait de lui. Il se redressa, prêt à aller traîner sa carcasse jusqu’à son lit, après tout, personne n’attendait après lui mais la sonnerie de son téléphone le surprit. Il décrocha et mit un bon moment avant de faire le rapprochement avec le souvenir, la voix et la situation, son état d’ébriété n’aidant pas, bien entendu. Lera… Des années sans nouvelles, elle qui avait fini par être la quatrième sœur de Korben et qui malgré tout, avait fini par couper les ponts pour des raisons obscures. Peut-être que ses études de droit lui firent prendre la grosse tête et qu’elle se sentait trop bien pour garder contact avec les péquenauds de Lonwook. Il aurait pu lui servir ce qu’il réserva à son ex petite-amie pendant des années mais la détresse qu’il perçut dans sa voix le fit dessaouler aussi sec. Il lui promit de faire le plus vite possible, sauta dans la douche et but une tonne de café avant de partir puis sur la route qui le menait à San Francisco pour aller récupérer sa petite sœur d’adoption.

Apprendre qu’elle s’était marié fut un choc terrible, un coup au cœur, parce qu’il n’avait pas été invité et qu’il aurait adoré rencontrer l’heureux élu et participer à l’hystérie générale, comme ce fut le cas pour Sunny et même pour Tori et la fille extra qu’elle rencontra à la fin de ses études. Il aurait aimé lui donner un petit quelque chose, proposer de participer aux frais, comme il le fit pour ses sœurs, qui refusèrent catégoriquement. Il s’était senti floué, privé de cette petite part de bonheur à laquelle il avait le droit pour avoir participé, un peu, à l’amélioration de son existence. Il aurait été en droit de refuser de lui tendre la main mais on ne tournait pas le dos aux personnes que l’on aimait, surtout pas quand elles étaient en détresse. Ça ne concernait que la famille et ses pièces rapportées, Naira ne rentrait plus dans cette catégorie depuis une éternité. Il arriva à bon port en un temps record et ne sentait même plus les effets de l’alcool quand il poussa la porte du lieu de rendez-vous, lunettes de soleil sur le nez, balayant l’assistance pour essayer d’apercevoir la gamine qui quitta leur petite ville, bien des années plus tôt, pour l’université. Il comprit que la magnifique brune qui avait attiré son attention dès son arrivée, c’était elle. On était loin de l’image qu’il en avait gardée mais il y avait quelque chose de familier. Il lui offrit un large sourire et franchit la distance qui les séparait pour la serrer dans ses bras avec bonhommie. La sentir tressaillir lui fit lâcher prise aussi sec. « Est-ce que ça va ? Je t’ai fait mal ? Je ne sens pas toujours ma force ! Je suis sacrément content de te voir ! La vache, faut croire qu’on t’a bien nourri ici, t’as poussé comme un champignon ! » Claironna-t-il en essayant de détendre l’atmosphère. « Je vais aller payer ta note au comptoir et puis on se tirer d’ici, tu pourras me raconter tout ça, parce que je ne suis pas sûr de tout avoir bien compris. Ça pourrait aussi être une bonne idée d’appeler Sunny, tu ne crois pas ? Du moins quand on sera assez loin pour qu’elle ne puisse pas venir te faire la leçon en personne, elle est douée pour ça et crois-moi, ça me fatigue tout autant que toi ! » Il s’exécuta sans attendre, revint vers elle et récupéra sa valise avant de lui faire signe de la tête qu’elle pouvait le suivre. Il la sentit soulagée dès qu’ils se mirent en branle et prirent la route pour s’éloigner de San Francisco. « Par dans la merde, tu entends quoi ? Je suis pas du genre à tenir absolument aux confessions, Lee, mais j’ai besoin de savoir où je mets les pieds et comment je vais pouvoir me débrouiller pour te protéger. Je suis presque sûr que ça a à voir avec ton mari, parce qu’il ne faut pas être devin pour ça. Mais le détail m’intéresse, je pense que tu me dois bien ça pour tes années de silence. Je ne te juge pas mais une petite carte m’aurait fait plaisir ! »



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MessageSujet: Re: The wind of change   Jeu 8 Oct - 1:03




Feat Korben Dallas Multipass

De la serveuse maquillée comme un camion aux piliers de comptoir beurrés depuis la veille, ce bar, cliché à demeure au cœur des bas quartiers, rassemblait absolument tout ce qui m’indisposait. Je ne détestais pas, mais j’étais assez mal à l’aise pour jeter de frénétiques regards vers la porte d’entrée, des regards où se mêlaient tracas et impatience. Je redoutais que mon époux me débusque dans ma cachette moyennement sûre. Je craignais que Korben renonce à me délivrer de mon mariage raté sous le prétexte réfléchi et justifié que je ne méritais pas qu’il se déplace. Ça lui ressemblait peu, mais je ne m’estimais plus et cette éventualité n’était donc pas moins absurde que l’hardiesse du type titubant qui ne sait quelles clowneries inventer pour attirer mon attention. Mon Dieu. Qu’adviendrait-il de moi si Stan apprenait le caractère irréversible de mon départ, les lieux où j’avais échoué et les œillades éperdues de ce vieux bougre, il ne se contenterait plus d’une tentative d’assassinat, il me tuerait sans aucune hésitation. À une époque, je ne l’aurais jamais cru capable d’une telle extrémité, mais il avait dépassé les limites du supportable. Je pouvais, comme aujourd’hui, me cacher derrière des bouts de tissus trop chauds pour la saison, dissimuler un œil au beurre noir par des lunettes de soleil, m’enfermer dans ma tour d’ivoire par choix pour préserver les bribes de mon égo en partie inexistant, mais j’aimais trop la vie pour me suicider. J’avais sacrifié mes plus belles relations pour me nourrir d’une illusion, celle d’appartenir à une jolie petite famille nucléaire. J’avais jeté au feu mes talents, mes rêves et mes efforts pour me bâtir une situation sociale plus qu’acceptable. Mais, il était hors de question que je déshonore mon éducation et mes parents en tolérant de crever prématurément parce qu’un sale type se considérait comme assez légitime pour décider du sort de son sujet. Il m’avait enfin rendu la vue sur les risques que j’encourrais à vivre avec un homme tel que lui, et d’une certaine manière, si tant est qu’il concède à me libérer de lui  – ce dont je doutais – j’aurais presque à le remercier. D’une autre, en revanche, je le maudissais de m’avoir coupé les ailes. Outre mes vieilles frusques, je n’avais plus rien, ni toit ni famille. J’opérais un retour fracassant vers la case départ, mais je gardais la foi. Peut-être restait-il quelque irréductible à l’image de Korben. Lonwook avait toujours été bonne pour moi. La vie n’y était pas facile, mais cette ville regorgeait de gens qui m’appréciaient assez que pour m’aider une fois que j'aurai répondu de mes actes, condition sine qua non à ce que leur rancœur passagère laisserait la place à des qualités aussi nobles que l’altruisme. Du moins, je l’espérais.

La preuve étant, Korben tint toutes ses promesses, car il fut le dixième potentiel client à franchir la porte de ce bar minable où la serveuse nous détaille de son œil suspicieux dès lors qu’on commande autre chose qu'une bière pression. Certes, nous démarrions avec un malus, j’aurais à combattre si j’espérais retrouver un peu de sa confiance et non le simulacre de cette relation plus ou moins saine que nous partagions. Tout du moins, le pensais-je jusqu’à ce qu’il me repère au milieu de cette bruyante assemblée de gais lurons imbibés d’alcool. Moi, je le reconnus instantanément, pas tant parce qu’il n’avait pas changé d’un iota - ou très peu – mas bien parce qu’il émanait toujours de lui cette aura de détermination et de bienveillance. Pour peu, il m’aurait intimidée comme d’antan, sauf que je n’étais plus une petite fille. Le lot de casseroles que je traînais derrière moi me rendait moins impressionnable.  Or, la mémoire répond à ses propres mécanismes. Il me serra dans ses bras et je me rappelai cette époque révolue où je piquais à un fard s’il m’effleurait du doigt. Mais, ce fut bien trop fugace pour que je m’y consacre réellement. Korben éveilla la douleur de mes côtes malmenées la veille bien malgré lui et j’en grimaçai. « Une vieille blessure récalcitrante, rien de grave. T’inquiète…» lui mentis-je non par envie, mais par réflexe et sans vraiment le réaliser. « Je suis vachement trop contente de te voir moi aussi… même si tu t’es un peu empâté, c’est une idée ? C’est l’alcool. Les femmes ? Les deux ? » Je me sentais tellement soulagée que je me souviens m’être fait la réflexion que je n’avais plus ressenti pareille joie depuis des lustres et je regrettai qu’elle ne puisse durer. Ma détresse n’était pas passée inaperçue au téléphone. J’eus à peine le temps de le retenir et de fouiller mes poches pour payer moi-même l’addition – proposition qu’il balaya d’ailleurs d’un revers de la main -  qu’il courrait déjà vers le comptoir, me pressant de partir. « Je me suis comportée comme la dernière des salopes avec tes sœurs. Sunny en particulier. Je suis pas certaine qu’elle ait envie de me faire la morale. De toi à moi, elle doit rêver secrètement de me casser la gueule, mais oui, je crois qu’il est temps que je l’appelle pour lui présenter des excuses.» répliquais-je finalement à propos de sa sœur avec spontanéité tandis qu'il m'entraînait à sa suite.

Cette question prévisible, c’était la première d’une longue série. J’en étais sûre, mais je ne m’attendais pas à ce que la seconde tombe si rapidement.  J’étais consciente que la seule option était la vérité, mais j’aurais aimé préparer mon discours pour qu’il soit le plus noble et le moins alarmant possible. Je n’avais aucune envie qu’il me prenne en pitié, mais je n’avais plus le choix. « Évidemment que je te le dois. Je te dirai tout ce que tu veux savoir mais il faut que tu me promettes que ça restera entre nous et que tu ne chercheras pas à me protéger. C’est pas nécessaire. Je veux pas que tu te fatigues pour moi, en venant me chercher, tu en as déjà fait bien assez. Tu étais pas obligé après la façon dont je vous ai tous traité. Je te présente mes excuses pour ça, et je te remercie d’être là, parce que c’était couillu de ma part d’appeler. Tu aurais pu me laisser là si tu voulais. J’aurais compris. Que tu sois là, c’est déjà énorme. Je ne veux pas que tu te jettes à pieds joints dans la fosse à purin à cause de moi, je m’en voudrais trop. Tu promets ? » insistais-je maladroitement un peu trop émue pour mon bien alors que je m’apprêtais à me couvrir de honte en dévoilant les ecchymoses qui maculaient mes bras. J’en avais d’autres, un peu partout sur le corps, des vieilles comme des plus récentes. La brûlure au cœur de ma main me lançait encore, mais celle-là, je me gardai bien de l’exposer à ses pupilles que j’aurais jurés plus sombres qu’à l’heure des serments. « Ça fait un moment que ça dure, mais c’est de moins en moins espacé et ça va de plus en plus loin. Il ne m’aurait jamais laissé partir si je ne l’avais pas fait en cachette, mais je suppose qu’il n’osera pas se pointer à Lonwook. Il déteste cette ville et tout ce qui la concerne de près ou de loin…» avouais-je en repassant ma veste. Si le détail l’importait toujours, je me confesserais sans rechigner, quitte à semer derrière moi quelques plumes de mes ailes déjà bien dégarnies. Je lui dirai tout ce qu’il veut savoir si ça peut l’empêcher de prendre toute cette histoire trop à coeur.

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“Ils vont vouloir savoir pourquoi il m'a fallu autant de temps pour me réveiller. Ils ne vont peut-être pas me demander s'il n'y avait pas quelque chose en moi qui aimait ça, mais ils vont le penser..."

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MessageSujet: Re: The wind of change   Ven 9 Oct - 22:48




Sunny avait été claire : Lera avait épousé un connard de première mais tant qu’elle n’ouvrirait pas les yeux, personne ne pourrait rien pour elle. Au contraire, la moindre intervention risquait de la pousser un peu plus au creux des bras de ce connard qui n’avait de cesse de la couper du reste du monde. Il crut d’abord à de la jalousie de la part de sa sœur, il avait beau la connaître par cœur, les filles entre elles étaient parfois injustes et dures mais il finit par comprendre que son opinion naissait tout simplement de l’inquiétude qu’elle nourrissait pour son amie de toujours, celle qui avait fini par compter parmi les membres de sa famille. Il n’y avait rien à faire contre la volonté de Lera, il le savait et ses sœurs également, ils ne pouvaient que se ternir prêts en cas de pépin, pour répondre présent. Ce n’était certainement pas lui qui émettrait un jugement sur l’homme qu’elle avait choisi, lui qui s’était pourri l’existence pendant près de quinze ans pour une femme aux abonnés absents, une femme qui avait décidé de se tirer du jour au lendemain et qui l’avait complètement dévasté. Ce ne serait jamais arrivé s’il ne l’avait pas autorisée à lui faire une chose pareille, s’il avait su faire la part des choses et prendre du recul par rapport à la situation. Peut-être que Lera vivait exactement la même chose et peut-être même qu’elle regrettait son choix mais faire face à la réalité et à ses erreurs, c’était parfois bien plus dur que de continuer à profiter de son petit confort. S’il avait su ! Rien ne le répugnait plus que les sous-merdes capables de lever la main sur une femme, sur la leur, de surcroît. A ses yeux, ce n’était qu’une preuve de leur stupidité et de leur lâcheté. Mais ce n’était pas n’importe quelle femme, il s’agissait d’une des gamines qu’il avait pris sous son aile et qu’il s’était promis de protéger. Elle avait coupé les ponts alors qu’elle n’avait jamais été foutu de passer plus de deux jours sans prendre de nouvelles et il avait accepté la situation, comme si c’était normal, comme si cela faisait partie des aléas du mariage, parce que ça l’arrangeait bien ! Il avait honte ! Il n’y avait rien de normal dans la façon dont elle s’était crispée quand il l’étreignit et il voyait bien que ça n’allait pas à la manière dont elle essayait de détendre l’atmosphère avec application. Il lui répondit une connerie à sa remarque sur le fait qu’il avait grossi, se disant qu’il aborderait les questions délicates dès qu’ils seraient en tête à tête et qu’il n’y aurait plus personne pour parasiter leur échange. Il s’imaginait que c’était quelque chose de conséquent qui la poussait à sa barrer comme une voleuse et le contraindre à devenir complice mais pas que c’était aussi terrible. On ne pouvait que supposer ce qu’il se passait derrière les murs d’un appartement dès qu’il n’y avait plus personne pour regarder mais il n’aurait jamais pu imaginer qu’elle s’enticherait d’un fils de pute qui la violenterait, pas elle.

« Elle attend que tu l’appelles depuis que tu t’es mariée à monsieur "je suis trop bien pour le commun des mortels". Elle ne t’en veut pas mais par contre, je ne sais pas ce qu’elle risque de faire à ton mari dès qu’elle en aura l’occasion. La dernière fois qu’on en a parlé, elle avait réinventé tout le répertoire des insultes en anglais. » Un sourire en coin alluma son visage alors qu’il faisait de son mieux pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas perdu sa famille et que c’était justement le rôle de la famille d’être toujours là, dans le bon comme dans le mauvais. « Je ne peux rien te promettre, Lee, mon rôle, ça a toujours été de veiller sur toi et sur mes sœurs, c’est comme ça. Je peux seulement t’assurer que je ferais de mon mieux pour ne pas te rajouter de problèmes. » répliqua-t-il avec une sagesse qu’il ne se connaissait qu’en présenter de ses sœurs et de ces personnes qu’il tentait de préserver du monde et de tout ce qu’il y avait de mauvais dans celui-ci. « Ne t’excuse pas et puis, j’avais rien d’autre à foutre à cette heure-là, hormis cuver, alors disons qu’on s’est rendu mutuellement service. » La gaudriole, c’était toujours sa solution pour éviter d’avoir à se montrer trop sérieux, particulièrement quand il sentait que le nœud de la conversation arrivait et qu’il ne saurait sans doute pas comment gérer la chose. Ce qu’il redoutait et appréhendait arriva, elle dévoila les stigmates d’années de mariage passées dans le chaos le plus total. Il se crispa, sentant une vague de violente monter par vague successive, envoyant des ondées glaciales dans chacun de ses membres. Il appuya sur l’accélérateur pour mettre le plus de distance possible entre la ville et eux ou il ferait demi-tour et lui ferait passer le goût de lever la main sur l’une de siennes. Son visage affichait une expression de neutralité supposée la rassurer mais ses yeux ne laissaient planer aucun doute sur ce qui se jouait dans sa tête. Quelqu’un allait devoir payer pour ça ! « Tu es en sécurité maintenant, Lera. Même s’il vient chez nous, il sera reçu. Tu n’as plus à t’inquiéter de rien hormis te refaire une santé, voir si tu as envie de retrouver du boulot et ça s’arrête là ! Je n’ai pas eu le temps de faire le ménage chez moi mais y a de la place pour que tu t’installes ! » Lui faire des reproches n’était pas à l’ordre du jour, elle devait se sentir suffisamment mal comme ça. Ne sachant pas vraiment quoi ajouter de plus, il préféra lui raconter ce qu’étaient devenus les nombreux habitants de leur bled avec quantité d’anecdotes croustillantes mais sa rage ne la mettait toujours pas en sourdine. Mais là, tout de suite, il y avait plus urgent que de laisser libre cours à ses pulsions. Il réalisa que sa maison était un vrai taudis quand il ouvrit la porte sur un véritable carnage. Entre l’odeur et le bordel, ce n’était pas franchement débordant d’hospitalité. Il donna un coup de pied dans un carton de bouffe. « J’ai pas vraiment le temps de faire le ménage ici mais comme j’ai de la visite, je vais m’en occuper. » dit-il en lui faisant signe de le suivre jusqu’aux chambres qui servaient à ses neveux et nièces quand ils venaient. Elles étaient les seules pièces propres et rangées de toute la maison. « Prends celle que tu veux, Lee ! Est-ce que tu veux que j’appelle Laura ? Pour qu’elle jette un œil à tes blessures ? Je peux tenter de regarder moi-même mais je ne suis pas le plus compétent du coin et puis Laura est du genre discret. »



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MessageSujet: Re: The wind of change   Mer 14 Oct - 21:00




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Apprendre que, contrairement à ce que je m’étais imaginé, sa sœur ne me détestait pas de tout son être me conforta dans ma décision de quitter mon mari et de renouer avec Sunny par respect envers notre amitié et son jugement. Dès qu’il fut question de mon union, elle se précipita à ma rencontre pour me mettre en garde sur ses mauvais pressentiments concernant Stanley, mais je refusai de l’entendre, aveuglée par l’illusion, alors qu’une part de moi avait pleinement conscience que je me préparais une descente aux enfers sans parachute. Il était plus que temps de réparer mes erreurs, aussi acquiesçais-je avec enthousiasme d’un signe de tête en grimpant en voiture. Une éternité que je ne m’étais plus sentie autant en confiance, même si je n’étais pas tout à fait fière de moi. Mon retour en ville sonnait comme une parabole biblique. J’étais la fille prodigue qui, après avoir lapidé son potentiel, rentre au bercail la queue entre les jambes, priant pour qu’on lui pardonne puisque à l’heure des excuses, elle ne peut être plus sincère. Je pensais d’ailleurs chacun de mes mots et chacune de mes revendications. J’étais tellement authentique que sa largesse me réchauffa le cœur un instant. Le suivant, je m’inquiétais de sa réaction alors que je révélais l’horreur de mes noces. Je fus en sécurité en grimpant dans la voiture, ce qui ne m’était plus arrivé depuis des lustres, mais il ne restait déjà plus rien de ce bien-être éphémère. Outre mes timides aveux, je me souvins douloureusement qu’il me faudrait bientôt songer aux mensonges – à moins que j’opte pour la vérité ? – à servir à mon mari pour gagner un maximum de temps avant qu’il ne débarque. Je n’y couperais pas, c’était aussi sûr que la colère que Korben était tangible. Elle me faucha en plein vol  et je me félicitai d’avoir attendu que nous soyons sur la bande de lancements de l’autoroute pour accoucher de mes problèmes. « Je sais que vous ne le laisserez pas me faire du mal, mais c’est un malin. Il sait comment s’y prendre pour ouvrir des portes fermées. Il viendra me chercher » ça ne me flattait nullement. Je n’en tirais aucune prétention. Il s’était simplement convaincu que je lui appartenais corps et âme, ce qui implique qu’il ne traînera pas à revenir chercher son bien, peu importe où il se cacher. « C’est pour ça que je ne peux pas accepter de venir chez toi, même si j’en meurs d’envie. Je sais que je serais en sécurité.» Je me retins d’ajouter : “pour la première fois depuis longtemps.“ « Mais tu pourras pas être là tout le temps. Ce n’est pas une solution. Tu as ta vie, tes habitudes. Tu as sans doute une copine qui le vivra super mal. Je ne suis plus une gamine, Korben. Ce sera forcément mal perçu et ça va t’attirer une dose d’emmerdes que tu verras même pas venir. Et je parle pas seulement de Stan. » lui confiais-je désolée d’avoir à cracher dans sa main tendue. Ce serait tellement plus facile et plus confortable pour moi, bien plus qu’un motel un peu glauque où ma solitude me rattrapera. « Et puis, tu as même pas fait le ménage !! »J’avais naïvement espéré qu’il répondrait à ma petite blague par une de son cru, mais il s’employa à démonter mes arguments par quelques autres qui, de mon point de vue, étaient plutôt discutables. Je lui cédai malgré tout, juste pour cette nuit, lui promettant que je déguerpirais dans l’après-midi, mais sans disparaître totalement du décor qui, d’après les croustillants détails biographiques des habitants de Lonwook, n’avait pas grandement changé.

En pénétrant dans cette maison spacieuse pour un homme qui semblait vivre seul – les détritus traînant ça et là l’attestaient pour lui - je ne pus réprimer un sourire moqueur en découvrant que ce passionné de cuisine était capable de manger de la malbouffe à emporter ou préemballée. Ça me rappela également l’état dans lequel je retrouvais la baraque de mon oncle quand je rentrais d’un voyage scolaire de quelques jours et, bien entendu, parce que ces souvenirs éveillaient toujours ma nostalgie de cette époque révolue où mes problèmes étaient moins assommants, j’eus l’impression d’être chez moi. Je soupirai, délestée d’un poids, et je me demandai si je trouverais la force de respecter mes propres promesses. Pour leur donner plus de poids, je lui précisai qu’il était inutile de déranger la chambre d’un de ses neveux puisque je ne ferais pas long feu et qu’un matelas dans cette même pièce me suffirait amplement. Autant pisser dans un violon. Il feignit la surdité et je me décidai pour l’une d’entre elles. « Laura ? Laura ? La fille du vieux Mcdowell ? Elle est médecin ? Infirmière ? Elle avait toujours dit qu’elle avait envie de bosser dans le médical, mais elle paraissait tellement tête en l’air. J’aurais pas parié un kopeck sur elle. Comme quoi…. J’ai pas besoin d’elle par contre. Ce sont des conneries. Rien de grave. Un petit bleu par-ci par-là. » Sauf peut-être pour la brûlure de ma paume. La douleur était impossible à ignorer et je redoutais le moment où il cesserait d’ouvrir chaque porte par galanterie. Il y avait bien quelques écorchures suite à un mauvaise chute et, sur ma cuisse droite, une lacération causée par les débris tranchants d’un miroir, mais rien d’alarmant. « Tu as pas l’air de me croire, mais c’est vrai. Tu veux regarder toi-même ? » Son air soupçonneux en disait long sur sa relative confiance en la femme battue qui sommeillait encore en moi. Je lui tendis les bras, mais les poings fermés. « Tu verras que ça servira à que dalle de déranger Laura et de prendre le risque qu’elle balance sans faire exprès… » Adolescente, elle était une vraie pipelette et j’avais du mal à croire qu’elle aurait pu changer sur ses dix dernières années, à moins que son job avec les Sons l’ait forcée à s’assagir. Ils l’avaient toujours autant fascinée qu’effrayée. « Mais, je te préviens, si j’ai raison, on s’attaque au ménage tout de suite, et puis, tu m’emmènes manger des hot-dogs chez Ernie, sauf qu’on les mangera dans la voiture. Même si je perds d’ailleurs, j’en rêve depuis des lustres. J’en ai rêvé le jour de mon mariage, c’est dire comme j’en meurs d’envie. En fait, j’en rêve tellement qu’on va d’abord s’enfiler des hot-dogs et puis, en rentrant, je te promets que je m’attaque au ménage.»

L’heure s’y prêtait encore, ce serait bête de s’en priver. Je le suppliai de mes yeux doux que j’imaginais naifs. Il me céda vite cependant, certainement parce qu’il restait un peu de puérilité dans mon charme enfantin - ou le contraire - et que l’envie de me faire plaisir le tenta davantage que l’idée de ranger son intérieur. Quoi qu’il en soit, nous étions postés là, dans sa voiture, au milieu d’un parking – c’était plus discret – à nous empiffrer comme des baleines. « Je n’ai plus rien mangé d’aussi grassement bon depuis des années. » J’en avais plein la bouche, mais ça ne m’inquiétait pas vraiment. « Et toi, alors ? On a fait que parler de moi depuis tout à l’heure. Qu’est-ce que tu deviens ? Aux toutes dernières nouvelles, j’ai appris que tu avais ouvert une affaire qui tournait. Un restaurant, c’est ça ? Et Val, qu'est-ce qu'elle devient ? Et Neira ? Elle va bien ? » m’enquis-je simplement, partant du postulat qu’ils avaient conservé des rapports étroits. Je le regrettai aussitôt, et si sa bonne humeur s’évapora, la mienne la suivit de près quand mon téléphone vibra dans ma poche. Je savais qui était au bout du fil. Pas besoin d’une boule de cristal. Je me tétanisais déchiffrant le nom de Stan sur mon écran. Mon cœur accéléra. Mes mains huileuses tenaient mal le portable qui faillit tomber. Je ne décrochai pas, mais il rappela et je jetai vers mon interlocuteur une œillade emplie de détresse. « Il va être fou de rage... » me justifiais-je alors que mon GSM ne cessait de sonner silencieusement entre mes doigts. « Il faut que je lui dise la vérité, mais il ne saura pas que je suis chez toi… Je peux pas lui dire parce que je peux pas te mêler à tout ça… enfin… pas plus que je ne l’ai déjà fait, surtout qu’il faut que je prévienne Oncle Wyatt qu’il pourrait venir jusque chez lui. Qu’il se tienne prêt…. Mais il ne doit pas savoir ce qui m’est arrivé. Il ne faut pas non plus qu’il sache que je suis en ville… » ça me paraissait une bonne alternative avant de la formuler. Une fois hors de mon esprit, le mensonge me sembla abject. « Je fais que de la merde. C'est pas ce que je devrais faire, mais.... je ne sais pas quoi faire d'autres. »

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